placement de la voix

Comment pose t on un interdit avec sa voix ?

La voix est le principal instrument de notre communication, elle permet de se faire comprendre des enfants, mais aussi des adultes. C’est pour cela qu’il est important de s’écouter soi même quand on pose un interdit. Sur quel ton parlons-nous à l’enfant ?

« Notre voix révèle ce que nous pensons ! »

NB : Il est intéressant  à ce sujet de demander à sa collègue comment elle perçoit le son de notre voix ? Est-ce qu’elle sent votre détermination ? De l’agressivité ? Un sourire ? De  l’énervement ? Un rapport de force ?

Des exemples concrets :
  • Souvent quand on pose un interdit : on a tendance à le dire en plusieurs fois. On commence doucement et le ton monte. Une fois, deux fois, trois fois. On sent l’énervement monter, l’adulte peut dépasser sa propre limite et se sentir dépassé.

Peut-être pourrions-nous réfléchir à un ton ferme dès le début, dès que l’enfant commence à peine à dépasser la limite pour bien souligner d’emblée que c’est interdit.

Le piège de dire les choses avec de plus en plus de fermeté c’est que l’enfant ne sait pas jusqu’où l’adulte peut aller. Il sent vite la faille, un adulte peu convaincu et l’enfant commence à vous tester. De même cela invalide l’interdit. Si on le dit d’abord gentiment, sans conviction, pourquoi l’enfant devrait-il écouter ? N’oublions pas qu’il n’a de repères que votre voix.

Il est intéressant de comparer le ton de notre voix quand on dit à l’enfant quelque chose qui est dangereux physiquement pour lui : ex : quand il grimpe sur un meuble, et quand on pose l’interdit pour quelque chose de plus anodin : ex : attendre son tour. En général dans le 1er cas l’enfant écoute beaucoup plus, car il comprend l’importance de cet interdit rien qu’au son de votre voix.

 

  • Autre exemple : parfois l’adulte a tendance à demander à l’enfant son avis en demandant sur un ton interrogatif. La voix chante : on va changer ta couche ? En posant une question à l’enfant, même sans s’en rendre compte, il est normal qu’il réponde par oui ou par non. C’est nous qui avons induit cela par notre voix.

Quand on pose les limites, en est-on vraiment convaincu de ce qu’on dit ?  A-t-on vraiment envie de le faire ? Ou encore, si nous-mêmes nous n’en sommes pas convaincus, comment l’enfant pourrait-il nous suivre ?   : L’important est d’abord d’être sur de ce que l’on avance : cela passe par un ton ferme. (Dans le sens de décidé)

 

NB : attention aussi à bien accompagner la parole par le geste  (ex : se déplacer dans l’espace, attraper par le bras pour être contenant et ferme avec l’enfant). Cela valide l’interdit, lui pose une limite physique.

 

Apprentissage règles et limites

C’est un cheminement très long, qui est lié à la méconnaissance préalable des règles et de la notion de temps.
Qui dit règles, dit durée, entre 18 et 24 mois, l’enfant vit dans une succession d’instants présents. Une des clés de l’apprentissage est donc la répétition, mais également la cohérence dans le discours, être logique et cohérent.

Exemple :

« Ne montes pas sur la table c’est dangereux »
L’enfant remonte en regardant la maman. Il ne souhaite pas provoquer la provoquer, mais il demande qu’elle l’aide à maîtriser sa pulsion.
« Non je t’ai dit de ne pas monter sur la table »
La maman part et il remonte sur la table quand elle n’est plus là. Ce n’est pas la table qui dicte les règles, c’est le parent. Une fois le parent parti il n’y a plus de règles. L’enfant est très cohérent.
« Même quand je ne suis pas dans la pièce, tu n’as pas le droit de monter sur la table »

Comme précisé précédemment, ces phrases n’empêcheront pas à l’enfant de remonter sur la table, mais l’aideront dans son processus d’autonomisation.


 

Les 3 sortes de règles :


Les règles non négociables : « c’est non ! » (taper, mordre….) et expliquer pourquoi, notion de danger.


L’enfant ressent le langage du corps plus que la parole elle-même, l’attitude corporelle doit confirmer le « non » verbal.


Les règles qui participent au processus de socialisation. C’est de l’ordre de la négociation, mais uniquement quand il n’existe pas de danger. Exemple : le moment de la fin du jeu.
Reconnaître le désir de l’enfant.


Laisser à l’enfant l’envie et la possibilité de s’exprimer.  
Importance de l’attitude intérieure de l’adulte, si l’enfant se sent respecté, il accepte les règles et l’adulte reste garant du cadre. L’adulte se doit toujours de garder sa place d’adulte, la négociation ne veut pas dire que l’enfant décide à la place du parent.

Les règles implicites que l’enfant va apprendre dans un lien social, par processus d’imitation : « bonjour, merci…. », C’est naturel, mais attention, cela devient difficile, voire impossible, si l’adulte ne respecte pas lui-même ces règles.
Un enfant de moins de 3 ans n’est pas en capacité d’être dans la restitution spontanée de ces règles implicites, il convient de tenir compte de son stade de développement.
 

NB : Réorienter les crises de colère

1.      Si l’enfant est frustré ou incapable de résoudre un problème, essayez une activité différente. Ceci réduira la probabilité d'une crise de colère.

2.      Si l’enfant commence à perdre contrôle, rapprochez-vous et mettez votre bras autour de lui.

3.      Si vous saisissez l'enfant et ceci le met encore plus en colère, lâchez-le, restez calme, attendez jusqu'à ce que votre enfant se soit calmé.

4.      Les crises de colère font peur aux enfants. Soyez prêt à les réconforter par la suite.