Les pleurs de la petite enfance
Formateur : Eric Binet
Intervient à la protection de l’enfance et dans les crèches. Soirée débat 1 fois par mois ouvert à tous. Site fpepea.fr pour infos
Éric Binet : Docteur en sciences de l’éducation
4 avenue des gobelins 75005 paris
06 20 13 69 54
Introduction
On part du constat qu’il n’existe pas de « théories sur les pleurs ».
Même en formation de psychologie : il n'y a qu'un court paragraphe sur le pleur.
Situation paradoxale qui amène à réfléchir.
Réflexion dans la sphère professionnelle et personnelle. Qu’on ait des enfants ou pas personnellement, les pleurs de l'enfant touchent tout le monde.
Avertissement :
Différencier les pleurs pathologiques (pleurs prolongés liés à une maladie ou à la douleur) et les pleurs classiques dont on va parler dans la formation.
Pour ouvrir la réflexion :
· Quelle compréhension des pleurs avons-nous ?
· Par notre éducation ? Par une formation continue ou initiale ?
· Comment réfléchir de manière objective ? Souvent on réfléchit de manière idéologique avec beaucoup de subjectivité.
· Les pleurs : Est-ce une affaire de sentiment ou de santé publique ?
cf. livre : les oubliés : enfant maltraité en France de Anne Tursz directeur INSERM.
Elle met en évidence l’âge où il y a le plus d’enfants qui décèdent, de maltraitance soit entre 0 et 1 an. Les facteurs déclenchant sont toujours les pleurs. Pourtant aujourd’hui il n’y a pas de prévention. On parle seulement du bébé secoué. Cf bebesecoue.com et syndromedubebebesecoue.com
Point de départ : Les 3 notions pour que l’enfant soit heureux :
- Se sentir aimé : pour aimer les autres et soi même
- Développer son authenticité : connaître ses besoins et ce qui le rend heureux, lui spécifiquement. Dès la naissance les enfants préfèrent certaines positions, chansons, jeux. Il a besoin que ce soit verbalisé sinon il reste dans un savoir non conscient de ses besoins. Sinon même, à l’adolescence, il n’arrive pas à savoir qui il est, ce qu’il aime. Il n’arrive pas à dire sa spécificité. L’enfant a besoin de comprendre le lien de cause à effet avec ce qu’il ressent sinon il ne peut pas l’intégrer.
- Développer le sentiment de responsabilité : par rapport à soi et aux autres.
Ce sentiment est en germe dès la naissance. Si on ne fait pas appel à ce sentiment, il peut plus tard, à l'adolescence, se sentir irresponsable.
Ex. : Pendant l’allaitement le bébé découvre qu’il peut téter et aussi mordre. Soit la mère considère qu’il est fragile et ne dit rien, soit elle lui dit qu’elle a mal et qu‘il ne peut pas continuer à mordre. Le dire 4 fois peut suffire. Cet appel à la réflexion donne plus tard le sens et la conséquence de ses actes, par rapport aux autres, aide à être plus heureux dans le groupe.
Toutes nos réponses aux pleurs vont orienter ses 3 points.
Ex. : La question des pleurs et sa réponse favorisent ou pas ce sentiment d’être aimé.
Nos représentations personnelles et collectives des pleurs
Nous pouvons distinguer différentes façons de pleurer, les pleurs de :
- Protestation : un bébé qui râle, mais parce qu’il est dans une situation inconfortable. Si on n’entend pas son message, il peut alors passer aux pleurs
- Pleurs : parfois ils ne sont pas associés à une émotion
- Colère : elle est une émotion (différencier colère émotionnelle et une colère de manipulation ; dans la colère émotionnelle il ne peut pas parler et il n’entend pas ce qu’on lui dit. Alors que s’il parle, il manipule, car il a accès à son néocortex. Se parler = se couper de son émotion.
Nos représentations personnelles sont en relation avec nos représentations collectives.
Ex : dans les ouvrages : les cris sont le résultat d‘une mauvaise éducation ou d’un caprice…
L’histoire des larmes
Lire : l’histoire des larmes dans la littérature : Anne Vincent Buffault.
Historienne qui étudie la place des pleurs dans les siècles.
17e siècle : valorisation des larmes hommes et femmes.
18e siècle : plaisir de pleurer ensemble, de partager des émotions
Fin 18e siècle : cela change avec Rousseau. Les pleurs sont un langage. Langue naturelle à l’origine du langage. Or on sait que ce n’est pas un langage, mais une émotion. Du coup il dit qu’il faut pleurer à bon escient puisque les pleurs représentent un ordre ou des prières. Aujourd’hui on n’est jamais sorti de cette représentation.
19e siècle : dénigrement des larmes. À la révolution, on condamne les pleurs, ère de la maitrise et de la pudeur. Ils sont associés à une souffrance judéo-chrétienne : notion de sacrifice expiation, repentir. On associe pleurs et souffrance.
Notion de moquerie, ironie. On considère les pleurs comme pour cacher une infidélité ou obtenir un cachemire. Ironie que l’on retrouve aujourd’hui
Ex : Charcot parle de maladie simulatrice, de larmes menteuses et de simagrée avec l’hystérie
Ex : Darwin différencie les peuples civilisés qui arrivent à contenir ses larmes et les peuples barbares qui ne répriment pas les émotions.
Maitrise de soi : manque de contenance, éducation bourgeoise de retenu : soit belle et tais toi. Se pincer les lèvres. Contrainte des émotions.
Ex : Balzac invente l’expression : « pleurer comme une madeleine » notion de comédie, de faire semblant. Il faut montrer de la retenue et ne pas pleurer en public,
Nous sommes le fruit de ces siècles d’histoire !
Conclusion :
Échelle de tolérance : les 2 extrêmes.
1-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------10
Pleurs = manipulation pleurs = souffrance
Signes de faiblesse de l’enfant Besoin d’être consolé
Il ne faut pas céder, voir punir Il faut le consoler à tous prix (avec le sein)
Conséquence de ses représentations :
On doit stopper les pleurs. C’est donc une échelle d’intolérance aux pleurs. On est conditionné. On ne voit pas d’autre représentation.
Il y a un lien entre ses représentations négatives et notre évolution depuis 7 millions d’années. L’enfant nait immature. À cette époque un bébé qui pleure met sa famille en danger face aux prédateurs. (Sur des millions d’années : on en garde une trace génétique)
Exemple : À la guerre on étouffe un bébé pour ne pas se faire repérer.
Aujourd’hui encore on en trouve les vestiges : face à une scène, face à un groupe : notion de danger potentiel ( alors que personne ne va nous attaquer)
On est plus sensibles aux bébés la nuit tous comme à l’époque ou le danger était la nuit. C’est comme si le cerveau gardait des informations qui ne sont plus d’actualités.
- Le cerveau cognitif : siège de la pensée et du langage
- Le cerveau mammalien : émotionnel : siège des émotions
- Le cerveau reptilien : gère les réactions d’attaques, de défense ou de fuite.
Les émotions ne peuvent pas être activées et contrôlées. Les pleurs sont neuro anatomiques et réflexes.
Nb : Les acteurs se reconnectent à une émotion triste. (Système nerveux autonome)
Ces circuits sont intégrés : avec le Système nerveux sympathique (stress qui modifie le corps en cas de danger).
Cette problématique stress/détente n’est pas émotionnelle. La cause caché du pleur est à voir avec le cycle stress /détente.
Quand le SNS est activé dans le mammalien et reptilien : une libération d’hormone cortisol (image pointue). À haute dose détruit le cerveau. Anomalie au niveau cérébral et dans tout l’organisme.
Pour évacuer le stress :
· le jeu, le rire,
· pleurer, bailler,
· langage, sport, transpirer (l’organisme libère le cortisol).
Problème : avant 1 an : il n’y a rien que le bébé puisse faire à part pleurer ou dormir. Le sommeil temporise le stress. Sommeil de mauvaise qualité. Le sympathique reste actif : s’endort et se réveille en pleurant, ou pleure en dormant.
Ex. : « son rituel c’est de s’endormir en pleurant ». Non il a un réservoir de stress qu’il évacue. Aucun adulte n’a besoin de ce rituel pour dormir !
Quand l’enfant peut pleurer en se sentant accepté et avec la présence de l’adulte il peut aller mieux.
Lorsqu’un bébé dort peu ce n’est pas forcément négatif. Comme le cerveau sympathique est bien développé, pas de stress, sommeil profond et réparateur donc moins besoin de récupérer la journée, à deux ans certains enfants ne font plus de siestes.
Lire : un enfant heureux. Margot Sunderland.
La séparation fait aussi mal qu’une douleur physique (même zone affectée par le cerveau). Ne pas le consoler n‘a donc aucun sens.
La composition des larmes
Dans les larmes : il y a des traces d’hormones : adrénaline noradrénaline et la leuco encéphaline.
Comme expirer, déféquer, pisser : pleurer est un moyen pour éliminer les toxines.
Quand le bébé pleure il se désintoxique. S’il ne pleure pas, il garde les vapeurs toxiques dans son cerveau.
Le pleur n’est pas le même quand on pleure face à un oignon (réaction des glandes)
Le pleur de stress : de trop plein pas toujours émotionnel
Il peut y avoir un tel niveau de stress chez les bébés et les parents en crèche qu’il peut se développer des maladies. (Or pas dans la crèche d’à côté) dû au pic de cortisol.
On pense que les femmes vivent plus longtemps, car elles pleurent et se libèrent de leurs émotions plus facilement !
Lecture de « que se passe t- il dans le cerveau de bébé ».
Les pleurs sont un coupe-circuit du système de stress d’hormone cortisone. (Toxine qui se décharge) cela permet d’avoir un autre regard sur les larmes.
Sur le plan physique
Idéalement : pour qu’il y ait un effet de libération du pleur : il faut que l’enfant soit porté dans les bras.
Le contact peau à peau (bulbe olfactif, stimule récepteur lie au contact, odeur humaine qu’il connait) stimule la détente pendant le pleur.
Sinon plus il stresse, plus il pleure en boucle. L’enfant doit se sentir en confiance pour évacuer. Le bébé submergé par le stress a besoin de sentir une base de sécurité dans l’humain. Cela ne fonctionne pas avec la tétine ou le lit.
Plutôt on prend un bébé dans ses bras moins il va pleurer sinon il devient un bébé crampon.
Cf : article les pleurs du soir. Éric Ericson Lire enfance et société : Si une mère répond aux pleurs en moins de 90 sec il se calme en 5 sec alors que si elle met 3 min l’enfant mettra 10 fois plus de temps.
Le bébé est programmé pour une continuité avec sa mère.
Sur un plan neurophysiologique :
Le 3e trimestre in utero : le bébé a la capacité de pleurer dans le ventre et d’avoir des spasmes (peut-être pour évacuer un trop plein de stress).
NB : Quand un bébé pleure en crèche, il peut avoir besoin de pleurer plusieurs mois pour évacuer le stress antérieur. Et non dans l’ici et le maintenant. Les pleurs sont un réservoir qui peut mettre du temps à évacuer.
Par exemple une naissance par forceps : pleurs quand on lui met un pull, car cela vient réactiver la naissance compliquée.
Si je fais attention à toutes mes sensations, j’apprends à ne pas faire attention à tout.
Les bébés n’ont pas encore de système pare excitatif, ils atteignent vite un seuil de saturation. Il faut 3 mois pour que le bébé se protège de ses excitations extérieures ( ex : pleurs du soir sans raison) ( sauf hypothèse de douleur)
Les pleurs du soir, pleurs de décharge, peuvent durée de 1 mois jusque 1 an. Les pleurs du soir se retrouvent chez les enfants du monde entier. Sauf que dans d’autres cultures la mère reste avec le bébé, dans le noir, 3 mois.
Un bébé qui a des pleurs du soir, il faut stopper tous stimuli, contact peau a peau et ne pas essayer de le bercer, le sortir dans la rue. Pour limiter les pleurs du soir : éviter la tv, radio, machine à laver. Quand il commence à pleurer, se mettre dans une pièce sombre, sans mobile, en emmailloter les bras, une couverture pour qu’il transpire et libère hormones. Sans rien lui dire, on diminue de 50% la durée des pleurs.
Nb : Pour les enfants qui n’on pas de glande lacrymale : ils vomissent ou transpirent. Certains bébés peuvent régurgiter pour évacuer
En moyenne le bébé pleure 3 h par jour (pleurs normaux et non inconsolables)
Pour résumer :
Les petits ont un réservoir de stress
Zone de Stress de base :
Zone de limite de stress cumulatif
Zone de stress : S’il ne se vide pas : si l’enfant ne pleure pas : zone de sur stress (colère) ça ne s’évacue pas.
Qu’est-ce qui rentre ? Comment influencer ses facteurs.
Dans l’absolu il ne faut pas stopper les pleurs, ils sont liés au système nerveux autonome, le bébé a toujours une bonne raison de pleurer, son réservoir a besoin de pleurer, de se vider.
Objectif de la formation :
Réapprendre à observer les bébés pleurer. Les changements de comportements sont liés aux changements de représentations.
On est tellement habitué, conditionné pour stopper les pleurs qu’il est difficile de comprendre. On veut le faire taire. Le nombre d’enfants est un facteur aggravant mais pas la cause de la difficulté à contenir le pleur.
Si le taux de cortisol augmente :
Il y a une activation du système nerveux sympathique, l’hippocampe est donc mobilisé et il y a une sur stimulation de l’amygdale.
Conséquence :
Il y a une incapacité à créer de nouveaux souvenirs. On créé des souvenirs implicites. On ne va pas bien, mais on ne le rattache pas à une image, pas de souvenir de l’explosion.
Le cerveau est anesthésié. Pas de souvenir explicite. L’image est dissociée de l’émotion.
Qui se souvient avoir pleuré avant ses 3 ans ?????
Les enfants développent une mémoire implicite puis explicite. Les bébés ont un tel niveau de stress qu’il faut attendre 3 voir 10 ans pour que les enfants se rappellent de leurs pleurs. Il y a une sorte d’amnésie.
Si les pleurs sont mal accompagnés, cela joue sur sa mémoire et les apprentissages. Plus l’enfant est stressé, plus le QI est bas. C’est une forme de risque.
Les situations d’apprentissage facteur de stress : besoin de se libérer. Face à un nouvel apprentissage, réactive son Système nerveux sympathique.
Facteur de stress à l’origine des pleurs
Ne pas sous-estimer la période prénatale : violence, décès, enfant non désiré, chômage, peur de ne pas pouvoir l’aimer, peur d’un déménagement, stress pour le mode de garde.
Tout ce stress se met dans un réservoir pendant les 9 mois. Il nait avec le besoin de se soulager. Un bébé est porteur de ce poids.
Sauf situation extrême : l’enfant qui se coupe de toute émotion pour survivre. Ex. mère schizophrène. Effet de sidération.
Ne pas sous-estimer les périodes néonatales (le 1er mois).
Césarienne, abandon, baby blues, ventouses, déclenchement..
La péridurale : impression de bébé que la mère est morte, il est déconnecté des sensations.
Ne pas sous-estimer l’entrée dans un mode de garde de la petite enfance
Le changement d’équipe, nombre d’enfants, les bruits, incohérences d’équipes, conflit d’équipe, durée de présence des parents, angoisse du 9e mois, multiplicité du mode de garde…
Sans oublier la vie de la famille
Culpabilité de la reprise du travail, peur de mal faire, monoparentalité, famille élargie, problème de baby-sitter, discrimination, rivalité fraternelle, changement culturel.
Lecture du texte : sources de stress pour les bébés.
Dans la préhistoire : réel danger. Donc il y avait peu de pleurs. Peut-être que les pleurs sont apparus plus tard. La respiration saccadée, remplace l’exercice physique pour se défouler.
Aujourd’hui le sport, le mouvement intensif permettent d’extérioriser les tensions. (Quand on bouge, on ne pleure pas)
NB : Sur l’adaptation il est rare de proposer :
- Au parent d’observer sans son enfant (sans question) 30min pour découvrir ce qu’est une crèche. (Diminue le stress face à l’inconnu). Sans l’enfant il est possible de réfléchir sur le choix, la prise de conscience du travail (au sens positif ou pas) si le parent a peur il peut exprimer son stress et le conscientiser. Et non dire : oui il y a le travail et 2 semaines d’adaptation donc je dois me conditionner. Souvent les parents ne prennent pas le temps de s’installer, de parler avec les autres parents, ils nient, parlent de la maitresse, de l’école.
- Être acteur dans le processus de séparation quand c’est lui qui décide quand et combien de temps laisser son enfant, or souvent il y a une norme (un protocole d’adaptation). le parent court-circuite alors un processus en lui pour suivre la demande de la crèche. Cela devient mécanique, il reste en surface par rapport au lieu.
Par exemple il ne reste pas dans le lieu. Beaucoup parents s’auto conditionnent et pensent qu’ils ne sont plus les propriétaires de l’enfant dans la crèche. Au-delà de la pression du travail, le stress monte en flèche, ce qui a pour conséquence que l’enfant tombe malade. L’enfant n’a pas eu le signal clair de la part de la mère qu’il n’y a pas de danger et qu’il peut rester. Parfois les parents rationalisent et se coupent de leurs émotions pour se conditionner et le laisser en 4 jours d‘adaptation.
Le pleur de groupe : On pense qu’un bébé pleure en voyant un autre pleurer (neurone miroir), mais en fait on observe que l’enfant s’autorise à pleurer quand il en a besoin. Si l’enfant va bien, il n’aura pas besoin de pleurer. Cela peut être une forme de dépistage.
Le syndrome du biscuit cassé : L’enfant ne le supporte pas, il est en colère. Il se saisit de cette occasion pour pleurer. Le biscuit n’est pas le problème, c’est un prétexte. Besoin de décharger son mécontentement, il trouve le moyen de le déplacer sur le biscuit.
L’angoisse du 9e mois
À 9 mois : ce n’est pas une angoisse, mais des préférences. Par exemple face aux inconnus, les adultes s’inquiètent aussi. Si c’est mis en mots, l’enfant n’est pas inquiet.
NB : dans l’histoire Spitz est intervenu en pouponnière dans un milieu fermé et féminin. Lui était un étranger, homme et chauve. Effet de surprise pour les enfants qui manifestent leurs mécontentements !
La langue des signes
Leurs pleurs signalent la frustration. Une des grandes frustrations avant 2 ans, c’est l’impuissance de se faire comprendre. La langue des signes diminue ce sentiment. Cf : Languedessignesbebe.com
Nos réactions face aux pleurs
Composer avec ou se décomposer
Exercice : se souvenir des premiers souvenirs de pleurs.
Il y a une double amnésie. C’est très dérangeant. La notion de pleurs est refoulée. Même en y étant confrontée quotidiennement, c‘est un sujet confrontant. On trouve même un désintérêt pour le pleur. Désintérêt actif. Pourtant le pleur est le principal facteur de maltraitance en France.
Le pleur se manifeste par des sensations physiques : frissons, maux de ventre, fatigue, énervement,
Les envies : secouer, bercer fort, crier…
Cela réactive nos sensations physiques archaïque de nous bébé qui avons appelé et quand personne n’est venu. On a du mal à revenir aux sensations physiques pures. Les bébés viennent réactiver ces sensations d’inconforts. Il n’y a pas l’envie de le prendre dans les bras, le câliner.
Ils rappellent des sentiments :
de pleurs , agacement, impuissance, auto dévalorisation, malaise, folie instantanée, indifférence, culpabilité,
Ces sentiments en parallèle sont intégrés quand on ne répond pas à ces pleurs : il a un sentiment d‘impuissance, une indifférence à lui-même, le malaise de ne pas y arriver.
Les adultes qui pleurent expriment la même chose. En pleurant les gens s’excusent, demandent pardon.
Ils rappellent les jugements :
il est capricieux, enfant gâté, pénible, chiant, chouineur, tu ne sais pas t’y prendre… plus rarement on a de l’empathie ou de l’attendrissement, ou il a besoin de …
Les enfants et la comédie
Neuro physiologiquement ce n’est pas possible. Si dès la naissance, la représentation du parent est de dire qu’il est comédien qu’il pleure à la crèche par imitation s’il voit qu’en pleurant on obtient ce qu’on veut….. il peut alors l’imiter !
Si l’enfant arrête de pleurer dès qu’on le prend dans les bas. Il a compris le message qu’il faut qu‘il arrête sinon on ne le prend pas dans les bras. D’ailleurs si on le repose il pleure de nouveau. Souvent l’adulte pense que c’est de la comédie.
En psychothérapie on ne peut pas dire chut à un adulte qui pleure. Il ne reviendrait pas. Pour l’enfant c’est pareil ! Il faut accompagner le pleur.
Retour sur l’expression : « il essaie de vous tester, si vous cédez maintenant vous le regretterez »
Si la maman dit : ce n’est pas toi qui est énervé c’est moi, le bébé s’apaise. Notre cœur fréquence comme une radio. Il a y a une fréquence en hertz pour la détente, le stress, la colère
CF : La cohérence cardiaque. iPhone il y a une application : Respirelax. Faire 3 min pour se poser. Pour inhiber le sympathique et activer le para- sympathique.
Il faut respirer en suivant le trajet de la boule puis expirer en rythme 5 min.
L’explication neuro biologique
Pour manipuler quelqu’un il faut réfléchir consciemment, donc que les lobes frontaux sécrètent du glutamate. Or ce n n’est pas possible chez le bébé avant 1 an.
Les mécanismes de contrôle et d’autocontrôle des pleurs
Les douces violences pour bloquer les pleurs :
Tétine, tv, médicament, nourriture, chut
Le conditionnement aversif : Il vient dans les bras pour pouvoir pleurer et on lui apprend le contraire. Il doit arrêter de pleurer.
Le problème n’est pas le livre, la tétine …mais qu’on le détourne en objet de consolation. Si on l’utilise systématiquement pour que l’enfant arrête de pleurer, pour lui changer les idées, il développe cette habitude plus tard : « si je suis contrarié je mange, ou je cherche un livre » Du coup l’enfant n’a pas accès à ses émotions. Et ne sait pas répondre à ses vrais besoins, il est donc insatiable.
Quand l’enfant pleure il a besoin d’être en empathie. Si à la place on lui dit va voir la tv, on est occupé, on le coupe de ses émotions.
La violence du bébé
Si un bébé vient en taper un autre pour le calmer ce n’est pas inné. Il a vécu. (Eau froide, humiliation, cris, chantage, médicament, culpabilisation, nie le besoin de pleurer, refuser de la prendre, l’isoler) mécanismes d’auto répression. L’enfant va alors se consoler seul dans un coin, va chercher son doudou).
Pour sortir des mécanismes d’autocontrôle développé plus tard (cigarette, ) il faut l’aider à exprimer ses émotions
Conséquences des mécanismes de répression des pleurs :
- Refoulement des émotions négatives et accroissement du stress
- Premier sentiment de culpabilité : déclencher la transgression d’une norme sociale
- Honte : fuite du regard, car on ne les regarde pas quand il pleure
- Embarras : ne pas extérioriser bruyamment ses émotions.
- Répétition trans générationnelle : on reproduit sur nos enfants
Ex. : chez le thérapeute, certains adultes sont dans la honte d’exprimer leurs émotions. Le psy peux dire : « Tu peux me regarder je suis là, tu as le droit de pleurer »
Ex : un bébé qui pleure : on le prend dans les bras, il s’arrête de pleurer : si on lui dit tu as le droit de pleurer, il a envie de partir, car il a intégré ce mécanisme d’autocontrôle. Faire le test.
Les quartés gagnants :
Les pleurs permettent normalement en cas de difficulté :
1. Une personnification : ça m’arrive à moi, je le ressens
2. Une prise de conscience (ce n’est pas catastrophique)
3. Une connaissance du monde rassurante (on me vient en aide en cas de besoin)
4. Une facilitation de l’intégration d’expérience similaire future.
Si je n’ai pas ça : la capacité intégrative va être réduite, le développement de ses capacités pour faire face à des situations de stress ultérieures va être inhibée.
Au niveau neurobiologique , la répression des pleurs crée une altération des régions cérébrales nécessaires aux fonctions intégratives des décharges d’hormone de stress.
Ex. : Les sportifs de haut niveau pleurent quand ils ont gagné et non quand ils échouent.
Alors qu’un enfant pleure quand il échoue au sport. Cela ne laisse pas de séquelle, il continue à en faire avec plaisir quand c’est évacué.
La répétition transgénérationnelle
Exemple de répétition
La conscience :
Stopper les pleurs c’est bien (la consigne : je n‘ai pas matière à pleurer, car j’ai de bons parents ou ce n’est pas bien. Auto attaque possible avec de la somatisation)
Le négatif est refoulé :
La préconscience : clivage
L’inconscient :
Besoin de l’enfant de pleurer, colère, tristesse (les sensations négatives sont refoulées)
Je n’ai pas le droit de pleurer pour plaire à mes parents.
Donc quand un bébé pleure, il fait effraction à tout ce qui est refoulé (ou interdit). Il vient réactiver le bébé qui est en nous. On le répète sur ses propres enfants.
Pour se libérer l’enfant dispose : des bêtises, conflits, colères, l’hyperactivité.
Les enfants peuvent vivre des situations stressantes invisibles. Ex. : le déménagement. L’enfant commence avant les cartons. L’enfant n’a pas matière à extérioriser ce stress.
Ex. : un enfant qui fait pipi sur le canapé. Le père lui demande pourquoi. Il répond que c’est à cause déménagement. Dans son cerveau : je fais une bêtise, je vais me faire gronder, je vais enfin avoir une occasion extérieure pour pleurer. (Pour me raccrocher)
Accompagner les pleurs
Consoler = c’est accompagner ou donner de l’attention pour soulager les expériences passées. Répondre au besoin d’instinct de refuge.
- Contact physique par les bras (activation du bulbe olfactif et sécrétion d’ocytocine et opioïde)
- Plus on va le faire (vider son réservoir de stress) moins il aura besoin de pleurer.
- Contact verbal par un langage de tendresse et le regard positif.
Nous sommes les seuls mammifères à se demander si mon enfant pleure est ce que je dois le prendre dans les bras ?
Peu importe le traumatisme : il peut être petit et traumatisant quand il n’est pas exprimé.
Les séquelles émotionnelles sont liées au fait d’extérioriser sa souffrance : sa peur, sa colère, sa tristesse. Il faut se libérer émotionnellement de sa souffrance.
L’empathie ne passe pas forcément par le langage : ex : une main sur l’épaule.
Si l’adulte intellectualise par une explication, en face, l’enfant intellectualise son problème il ne libère pas l’émotion, car il réfléchit avec son néo-cortex et non son mammalien.
Pour l’enfant c’est pareil : quand il ne va pas bien, il n’a pas toujours besoin d’explication, mais de présence.
les bienfaits des pleurs : élixir de l’attachement
Si répondre au besoin d’instinct de refuge donne la confiance et le sentiment d’être important, sentiment d‘être accepté de façon inconditionnelle : alors l’attachement est Secure.
Quel lien entre pleurs et attachement ?
Bowlby : lien affectif stable de l’enfant envers sa figure d’attachement.
D’où les tendances naturelles chez l’enfant pour provoquer la sécurité recherchée.
Le vrai lien affectif se voit dans les moments d’urgence, de perte ou de déstabilisation. Les pleurs sont alors au cœur de la neurobiologie de l’attachement, du lien d’attachement du lien social et de l’empathie.
C’est le fait de se faire des sourires, c’est dans l’embarras qu’on voit si ce sont des vrais amis. Pour un bébé c’est pareil, en détresse on vient à son aide alors son ocytocine augmente et l’encode dans sa mémoire. Si pas de pleurs, pas d’attachement,
Si quand le bébé pleure et qu’il est prêt à libérer l’ocytocine et quand lui donne une tétine à la place, il devient dépendant d’un objet. Au lieu de créer du lien humain, il crée du lien avec du matériel. Après à l’adolescence l’enfant plonge dans les jeux vidéos, du vide.
Tout est réversible : mais à 2 ans c’est plus rapide de changer qu’à 50 ans.
Ce qui ne veut pas dire qu’il faille supprimer le doudou ou la tétine, mais qu’il ne doit pas remplacer l’humain, ou être un objet de consolation au sens où c’est l’adulte qui décide quand il a en a besoin.
Il faut éclaircir le rôle et l’utilité du doudou.
Tétine apaise, car il active le parasympathique (comme le baiser du couple). Quand le couple pleure, le baiser n’a pas de sens. Pour l’enfant c’est pareil.
Conclusion
Pour en revenir à l’introduction :
Comment un enfant peut être heureux si on ne l’aime que quand il ne pleure pas, qu’il est mignon ?
L’enfant a besoin de se sentir aimé en étant pris dans les bras quand il pleure. Cela lui donne confiance en lui et confiance dans les autres.
Les enfants qui peuvent pleurer et qui sont acceptés dans leurs pleurs sont :
- plus faciles à vivre, sans violence et plus indépendants, au lieu d’un enfant crampon.
- Les bébés dorment aussi mieux la nuit.
- Ils apprennent aussi plus facilement (mécanisme réparateur des pleurs et colère qui s’extériorisent. Sinon l’esprit est mobilisé sur les difficultés personnelles bloquent les apprentissages et la concentration) comment penser clairement quand une situation d’apprentissage nous rappelle le stress de la maison.
P. Janet : « les pleurs sont l’acte de triomphe du bébé pour intégrer dans sa psychè et dans son corps des situations stressantes »
C’est l’expression du système d’attachement pour avoir une vision du monde positive.